Chevaux

L'homme et le cheval se façonnent mutuellement depuis plus de 5 000 ans : aucun animal n'a autant fait pour transporter les gens, labourer les champs et gagner les guerres. Aujourd'hui encore, le cheval reste l'animal de partenariat par excellence, assez sensible pour lire un transfert de poids du cavalier, assez honnête pour renvoyer son humeur. Chaque race d'ici découle de ce marché, des miniatures de 90 cm aux Shires proches de la tonne, des Arabes du désert sélectionnés pour l'endurance aux géants de trait pour la traction. Le cheval est le plus grand engagement de ce catalogue : des animaux grégaires qui ont besoin de compagnie équine, de sortie et de mouvement quotidiens, de pâture bien gérée, et d'un budget pour la maréchalerie toutes les six semaines, le nivellement dentaire annuel, les vaccins et les vermifuges. Deux règles fondent la santé équine : l'intestin et le pied. Leur tube digestif à sens unique fait des coliques une vraie urgence : fourrage régulier (herbe et foin) et eau propre en permanence passent avant tout. Et parce qu'ils portent une demi-tonne sur quatre petits sabots, l'obésité et la fourbure qu'elle déclenche restent la maladie évitable la plus fréquente. Bien menés, pâture, fourrage et parage font d'un cheval un partenaire pour 25 à 30 ans. Apprenez à reconnaître une colique avant de la rencontrer. Un cheval qui gratte le sol, se retourne pour regarder ou frapper son ventre, se couche et se relève sans cesse, se roule, transpire sans avoir travaillé, se campe en position étirée, refuse sa ration ou ne fait plus de crottins vous dit que son intestin va mal. Le cheval ne peut pas vomir, et un intestin peut se tordre : c'est un appel au vétérinaire immédiat, y compris à deux heures du matin, jamais un cas d'attente jusqu'au petit-déjeuner. Même urgence pour un pied qu'il refuse de poser, une plaie près d'une articulation ou un œil fermé. Appelez tôt ; le vétérinaire décide de la suite. Soyez lucide sur l'ampleur. Un cheval ne se laisse pas seul un week-end : quelqu'un de compétent doit le voir, le nourrir, l'abreuver et le contrôler chaque jour, pendant vingt-cinq ans ou plus, y compris quand vous êtes malade ou absent. Il lui faut la vue, l'odeur et la présence d'autres chevaux : un cheval tenu seul n'est pas stoïque, il est stressé. Le prix d'achat est le plus petit chiffre de l'histoire : pension ou terrain, foin des mois maigres, maréchal toutes les six à huit semaines qu'on le monte ou non, contrôles dentaires, vaccins, coproscopies, et une réserve pour l'urgence qui finira par arriver. Avant d'acheter, prenez-en un en demi-pension une saison : vous saurez ce qu'est un hiver pluvieux. Les associations de sauvetage ont des chevaux sains de tout âge ; faites examiner tout cheval par un vétérinaire avant l'achat, et vérifiez ce qu'exige de vous la réglementation locale.