Un rappel fiable : revenir au premier appel
Enterrez le vieux mot grillé, construisez un signal neuf à la longe, payez-le comme un jackpot, et gravissez une échelle de distractions écrite.
Ce que vous obtiendrez
Votre chien fait demi-tour et revient au premier appel, sans longe, avec un autre chien en vue et une odeur de lapin dans l'herbe.
Leçons
Leçon 1
Charger un mot tout neuf
Votre chien connaît déjà votre ancien mot de rappel, et c'est précisément le problème. Si ce mot a un jour signifié la fin de la promenade, le bain, le coupe-griffes, une réprimande pour un retour trop lent, ou rien du tout parce que vous l'avez répété six fois avant d'abandonner, il annonce aujourd'hui n'importe quoi. Un chien raisonne en probabilités : un mot agréable une fois sur deux et ennuyeux une fois sur deux perd contre un lapin à tous les coups. On ne discute pas ce calcul, et le prononcer plus fort ne le réparera pas. Mettez-le à la retraite : dès aujourd'hui, cessez complètement de l'employer et laissez-le s'éteindre.
Choisissez un remplaçant que vous ne diriez jamais par hasard : Ici, un mot inventé, ou trois coups de sifflet secs. Un jour vous le crierez à travers un champ : il doit être court, sonore et impossible à confondre. Préparez ensuite la pièce : un endroit calme, les autres chiens dehors, les jouets rangés, la télévision éteinte. Découpez trente morceaux de la taille d'un petit pois de ce que votre chien ne reçoit nulle part ailleurs : poulet rôti, fromage, sardine, foie. Les croquettes sèches ne sont pas un salaire.
Tenez-vous à un pas de lui, la nourriture dans le dos. Dites le mot une seule fois, d'une voix joyeuse, puis donnez immédiatement trois ou quatre morceaux, un par un, sur environ cinq secondes. Le mot vient toujours en premier, la nourriture ensuite ; dans l'autre sens, vous lui apprenez seulement à fixer vos mains. Il n'a rien à faire pour la mériter : ni s'asseoir, ni vous regarder, ni bouger. Vous n'entraînez pas un comportement, vous construisez une association : ce mot annonce une quantité de nourriture indécente, à chaque fois, sans exception. Dix répétitions prennent deux minutes. Faites trois séances de deux minutes par jour pendant cinq jours, dans une pièce différente à chaque fois.
Vous pourrez passer à la leçon suivante lorsque vous prononcerez le mot alors qu'il est légèrement occupé, en train de renifler le sol ou somnolant dans son panier, et que sa tête pivotera d'un coup pour venir vers vous sans qu'on le lui demande. Ce réflexe est tout l'objectif.
L'erreur la plus fréquente est de dépenser ce mot trop tôt, de l'emporter en promenade dès la première semaine pour voir s'il fonctionne. Il échouera, et un signal neuf n'a droit qu'à une seule première impression. La deuxième erreur est de le laisser annoncer quelque chose que le chien déteste : il ne doit jamais signifier la laisse pour rentrer, la cage, le bain ou une réprimande. Si un désagrément doit arriver, allez le chercher calmement. Gardez ce mot comme de l'argent.
Leçon 2
La longe, surtout pas l'enrouleur
Une longe, c'est cinq à dix mètres (quinze à trente pieds) de sangle plate ou de biothane, d'environ quinze millimètres de large, attachée à un harnais bien ajusté. Jamais au collier : un chien qui arrive en bout de longe au galop reçoit une secousse dans la nuque, à la fois risque de blessure et moyen le plus rapide de rendre votre nouveau mot inquiétant. Une laisse à enrouleur n'est pas une longe : la tension permanente du fil apprend au chien à tirer, le fil fin brûle et coupe mains et pattes, le frein lâche, et une poignée lâchée fait un vacarme qui poursuit le chien et le fait fuir plus loin. Achetez la longe plate et ennuyeuse. Mettez des gants.
Choisissez un terrain dégagé, sans arbres, poteaux ni bancs autour desquels s'enrouler, loin des routes et de l'eau profonde, et pour l'instant loin des autres chiens. La longe est un filet de sécurité, pas un volant. Vous ne ramènerez jamais votre chien comme un poisson et ne donnerez jamais de coup sec. Si vous vous surprenez à tirer, la répétition était trop difficile : rendez la suivante plus facile.
Laissez la longe traîner au sol pendant que le chien explore à environ trois mètres. Attendez qu'il soit légèrement distrait, en train de renifler plutôt que de vous fixer, puis dites le mot une seule fois, d'une voix joyeuse. Dès que sa tête pivote, tournez-vous et reculez en courant de quelques pas pour qu'il vous poursuive. À son arrivée, donnez six à huit morceaux un par un à hauteur de genou, prenez doucement son collier pendant qu'il mange pour que la prise fasse partie de la paie, puis dites un mot de libération et laissez-le repartir. Cinq répétitions par séance, deux séances par jour, environ huit minutes chacune. Quatre jours à trois mètres, puis quatre jours à cinq, puis quatre jours à dix.
Vous pourrez avancer quand il se retournera dans la seconde qui suit le mot et reviendra de dix mètres, neuf fois sur dix, dans un champ calme, avec la longe détendue du début à la fin. La longe détendue est le critère. Si elle se tend, la répétition ne compte pas.
L'erreur la plus fréquente est de dire le mot deux fois. S'il ne vient pas, ne le répétez pas et ne criez pas : remontez calmement la longe, récupérez-le, et préparez une répétition plus facile, plus près et avec moins de stimulation. Chaque appel sans réponse lui enseigne que le mot est facultatif. La seconde erreur est de détacher trop tôt parce que cela a marché trois fois de suite. La longe reste en place des semaines, pas des jours.
Leçon 3
Payez gros, payez de façon imprévisible
Votre chien compare en permanence ce que vous offrez à ce qu'offre l'environnement. Une odeur de lapin, un congénère sympathique, une balle qui roule : ce ne sont pas de petits lots. Si votre rappel paie un biscuit sec, vous lui proposez une mauvaise affaire, et un jour il fera le calcul et refusera. Décidez donc, avant de sortir, quel est le salaire du jour. Faites cuire le poulet. Emportez un jouet de traction qui vit dans votre poche et ne sort que pour les rappels. Des croquettes dans une pochette ne sont pas un salaire : c'est son dîner qu'on lui rend.
Le jackpot est la technique. À son arrivée, ne lui donnez pas un gros morceau avant de repartir. Donnez dix à quinze morceaux de la taille d'un petit pois, un par un, à hauteur de genou, sur quinze secondes, avec des félicitations chaleureuses entre chaque. La lenteur est voulue : une paie qui s'étire se retient, une friandise unique s'avale et s'oublie. Un rappel sur trois ou quatre, montez encore : trente secondes de tir à la corde, une poignée de poulet à vos pieds, ou la balle lancée. Puis variez : parfois deux morceaux, parfois la fête complète. Une paie imprévisible rend le jeu addictif et le rappel têtu : il ne peut jamais exclure que cet appel soit le gros lot.
Voici ce que presque tous ratent. Si votre rappel signifie systématiquement que la laisse revient et que la promenade s'arrête, vous lui avez appris que venir vers vous coûte sa liberté. La libération compte autant que le paiement. Huit rappels sur dix se terminent par un mot de libération et un chien renvoyé aussitôt à ses affaires. Attachez la laisse cinq à dix fois au hasard pendant la promenade, payez, détachez. Au dernier rappel, versez le jackpot, attachez, faites vingt pas, puis détachez et offrez-lui deux minutes de liberté avant de partir pour de bon.
Intégrez cela aux séances à la longe de la leçon deux : cinq rappels par séance, deux séances par jour, plus trois rappels payés à chaque promenade ordinaire. Tenez deux semaines. Vous saurez que cela marche quand il ne ralentira plus en approchant et que la vue de la laisse ne le fera plus dévier.
L'erreur la plus fréquente est de mal payer à l'arrivée : vingt secondes à fouiller sa poche, ou la friandise tendue à bout de bras, et le chien apprend à s'arrêter à deux mètres. Ayez la nourriture prête avant d'appeler, donnez-la contre votre genou et touchez son collier pendant qu'il mange. S'il reste déjà hors de portée, revenez à la longe et payez dix morceaux, dans la main, contre la jambe, pendant une semaine.
Leçon 4
Construire l'échelle des distractions
Écrivez la liste. Écrivez-la vraiment, sur papier ou sur votre téléphone, car une échelle gardée en tête est une échelle dont on saute les barreaux. Notez toutes les distractions que votre chien rencontrera réellement et donnez à chacune une note de un à dix selon sa difficulté pour lui, personnellement. Une échelle classique : une personne familière qui passe à trente mètres, un croûton de pain tombé à cinq mètres, les foulées d'un coureur, une zone d'odeurs intéressante, une balle qui roule, un chien en laisse à cinquante mètres, un chien en laisse à quinze mètres, un chien libre et joueur, un chat, du bétail, et tout en haut, un animal sauvage qui s'éloigne. L'échelle de votre chien n'est pas celle du chien du voisin : un berger peut coter la balle à neuf et le lapin à quatre.
Chaque barreau a trois curseurs : distance, intensité, durée. N'en bougez qu'un à la fois. La première fois, prenez la distance maximale et l'intensité minimale. Un chien à cinquante mètres, marchant calmement, visible dix secondes, est un exercice tout autre qu'un chien à dix mètres qui bondit vers vous, et ce second cas n'est pas un point de départ.
L'exercice est exactement celui de la longe, leçon deux, déplacé à côté de la distraction. Longe au harnais, chien libre de regarder la chose. Laissez-le regarder trois à cinq secondes, car un chien à qui l'on n'a pas laissé voir le stimulus ne peut pas choisir de le quitter. Puis dites le mot une fois, d'une voix joyeuse, versez le jackpot à son arrivée et libérez-le. Cinq répétitions par séance, deux séances par jour, une dizaine de minutes chacune. Travaillez un barreau sur deux séances distinctes, deux jours différents.
Règle pour monter : cinq rappels réussis sur cinq au premier appel, sur deux séances distinctes et deux jours différents. Passez alors au barreau suivant, ou divisez la distance par deux sur le barreau actuel, jamais les deux dans la même séance. Règle pour redescendre : deux échecs d'affilée signifient que le barreau est trop haut, pas que votre chien est têtu. Reculez d'un barreau, ou doublez la distance, et terminez la séance sur trois réussites faciles. Ne finissez jamais sur un échec.
L'erreur la plus fréquente est de tester au lieu d'entraîner. En troisième semaine, il est tentant de rappeler son chien d'un écureuil juste pour voir. Vous connaissez déjà la réponse, et cet appel raté coûtera des semaines. La règle est simple : si vous ne pariez pas d'argent sur sa venue, n'appelez pas. Allez le chercher. La deuxième erreur est de sauter trois barreaux parce qu'un seul s'est très bien passé. La progression est ennuyeuse à dessein.
Leçon 5
Le signal d'urgence que l'on garde en réserve
Le rappel quotidien interrompt un reniflage et ramène le chien pour une friandise. Le signal d'urgence sert au moment où une voiture arrive, où un chevreuil déboule, ou où deux chiens vont basculer du jeu à la bagarre. Ce doit être un signal distinct, que l'on ne dépense presque jamais. Choisissez ce que vous ne diriez jamais en conversation : une séquence de coups de sifflet, un mot étrange, un son insolite. Il doit porter loin et contre le vent.
Chargez-le comme le premier signal, mais en plus gros. À la maison, une fois par jour, alors que le chien ne fait rien : produisez le son, puis sortez l'équivalent d'une cuisse de poulet et donnez-la morceau par morceau, au sol, pendant trente secondes, en le félicitant sans arrêt. Il n'a ni à bouger, ni à s'asseoir, ni à vous regarder. Une répétition par jour, tous les jours, pendant deux semaines : c'est la seule leçon du programme où une répétition par séance est le bon dosage. En faire une série, c'est le dévaluer.
Au bout de deux semaines, sortez-le à la longe, dans un endroit calme, une fois tous les deux jours, et uniquement quand le chien est légèrement distrait et que vous êtes certain qu'il viendra. Émettez le signal et, à son arrivée, faites la fête : trente secondes de nourriture, un jeu, puis la libération. Ne l'utilisez jamais pour tester, jamais quand vous ne parieriez pas d'argent sur lui, jamais parce que le rappel ordinaire vient d'échouer. Si le mot quotidien ne marche pas, remontez la longe et allez le chercher. Dégainer l'urgence pour sauver un rappel raté est le moyen le plus rapide de le détruire : il devient un mot de plus que l'on peut ignorer.
Dans la vraie vie, prévoyez une ou deux utilisations réelles par mois, six à dix par an. Si vous en avez besoin chaque semaine, le problème n'est pas le signal : votre chien est placé dans des situations qu'il ne gère pas encore. Revenez à la longe et redescendez d'un barreau.
Vous saurez qu'il fonctionne lorsque, à l'entraînement, il abandonnera tout et sprintera vers vous à chaque fois, oreilles en arrière, sans hésiter. Moins que chaque fois, continuez à le charger à la maison. Une limite honnête : aucun rappel n'arrêtera un chien au milieu d'une vraie bagarre, et ne glissez jamais les mains entre deux chiens qui se battent. Si votre chien montre une agressivité réelle envers des personnes ou des chiens, s'il fuit en panique aveugle au moindre bruit, ou s'il ne supporte pas la solitude, c'est un problème clinique. Arrêtez le plan maison et faites appel à un professionnel du comportement qualifié et à votre vétérinaire.
Leçon 6
Sans la longe, et comment le faire durer
Ne retirez pas la longe parce que six semaines ont passé. Retirez-la à cause d'un chiffre : vingt rappels d'affilée au premier appel, à la longe, sur le barreau le plus difficile que vous puissiez installer sans risque. Puis passez par une étape intermédiaire. Remplacez la longe de dix mètres par une traîne de deux mètres pendant une semaine, dans un espace clos où vous pouvez poser le pied dessus. Ensuite le même espace sans rien d'attaché, puis un bois calme à une heure calme. Ensuite un lieu plus fréquenté, un jour où vous avez le temps de travailler, pas un jour de retard. Ajoutez les environnements réels un par un et attendez-vous à perdre du terrain dans chacun : un rappel s'apprend dans des lieux.
L'entretien décide si cela tiendra des années. Trois à cinq rappels à chaque promenade ordinaire, pour toujours, chacun payé. Pas chacun au poulet rôti, mais jamais rien. Environ un sur trois reçoit de la nourriture, un sur dix un vrai jackpot, les autres des félicitations, une caresse, une balle lancée ou une libération immédiate vers l'odeur qu'il quittait. Le jour où votre rappel ne paie plus rien, le chien recommence son calcul et vous voilà à la première leçon.
Attendez-vous à une érosion, sans le prendre personnellement. Les rappels vacillent à l'adolescence, dans une nouvelle maison, en vacances, à la saison où la faune est active, après une maladie et après toute longue interruption. La réponse est toujours la même, et ce n'est jamais la colère : remettez la longe une ou deux semaines, redescendez de deux barreaux, payez généreusement et reconstruisez. Ce n'est pas un échec : c'est le calendrier d'entretien.
Vous y êtes quand votre chien fait demi-tour et revient au premier appel, sans longe, avec un autre chien en vue et des odeurs dans l'herbe, neuf fois sur dix, sur deux semaines de promenades ordinaires.
L'erreur la plus fréquente ici est de promouvoir le chien trop vite dans un endroit où échouer est amusant. Un chien qui poursuit un chevreuil soixante secondes vient d'être payé mieux que vous ne le paierez jamais, et la leçon s'imprime. Gérez l'environnement : gardez la longe là où la faune est probable, et allez le chercher plutôt que de l'appeler quand vous connaissez la réponse. La seconde erreur : punir un retour lent. S'il revient après trente secondes d'indifférence, payez-le quand même, chaleureusement. Ce qui se passe à son arrivée définit le sens du mot la prochaine fois. S'il fuit en panique aveugle, ou se fixe au point que plus rien ne l'atteint, arrêtez l'entraînement et parlez-en à votre vétérinaire et à un professionnel du comportement qualifié : ce n'est pas un problème de rappel.
Rédigé par l'équipe éditoriale de NetForPet. Ces programmes reposent uniquement sur le renforcement positif. Il s'agit de conseils généraux, et non d'un substitut à un professionnel du comportement qualifié — un changement soudain de comportement, une agressivité avec antécédent de morsure ou une panique lors des absences sont des problèmes cliniques : consultez votre vétérinaire.
